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Différent, moi? – Martin Beauregard

OnRouleAuQuébec vous présente le premier article d’une série de reportages des plus inspirants « Réussir malgré un handicap » sur des personnes à mobilité réduite ayant réussi leur vie professionnelle. Le but? Montrer qu’on peut réussir malgré la présence d’un handicap et les nombreux obstacles qui s’ensuivent!

 

Il y a des gens qui inspirent la force, des gens qui s’activent devant les défis, et qui, au passage, changent le monde. Voici l’histoire de Martin Beauregard.

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Article publié dans le 24h – 24 octobre 2013

Avec la confiance que sa voix dégage, il n’est pas surprenant de découvrir qu’il est cadre dans une banque, qu’il ne s’est jamais considéré comme une personne handicapée et qu’il n’a jamais manqué de travail. L’étonnement survient plutôt lorsque l’homme de 46 ans raconte s’être fracturé 150 os à vie, mesurer 0,91 mètre et se déplacer en fauteuil roulant.

Martin souffre d’ostéogenèse imparfaite. Si son squelette est vulnérable et que sa taille est petite, sa volonté, elle, est sans borne. «J’ai toujours été très fonctionnel. J’ai eu de bons parents, une bonne éducation, et une mère déterminée à ce que je sois élevé sans différence», exprime-t-il.

Constatant que leur fiston stagnait à l’école spécialisée, les Beauregard ont misé sur un parcours régulier. Durant un an, préjugés et portes closes leur ont livré combat. «Ils se sont fait traiter de fous! On craignait que je me blesse, entouré d’enfants normaux. Et on refusait d’adapter les lieux», se souvient-il. Le pari fut tout de même gagné.

Martin a souvent été un pionnier, notamment lors de son admission au cégep. «On a adapté l’entrée pour moi et ensuite, le premier enseignant en fauteuil roulant du collège a été embauché!», lance-t-il. Aussi, son premier emploi était un projet-pilote pour vérifier l’accessibilité aux fauteuils roulants à la Place Ville-Marie.

Martin Beauregard est gestionnaire d’équpe pour la banque TD

Aujourd’hui, cet homme énergique dirige douze gestionnaires et sa boîte à rêves déborde. Les ressources humaines l’attirent. «J’ai eu une vie rock & roll, relate-t-il, je peux peut-être aider les autres.» Aussi, il songe à écrire sa biographie et à animer des conférences. Et dans un tiroir, un synopsis de télésérie attend. «Je sais que ça marcherait!», pense-t-il. Mais pour l’heure, ses efforts sont ailleurs.

Janvier 2013, il a subi une opération majeure à la jambe. «On a failli m’amputer», se souvient-il. L’événement le chamboule. «Avant, je sautais de ma chaise, montais des escaliers avec mes bras et demandais qu’on monte ma chaise. Maintenant, j’ai perdu 50% de mon agilité.» Et comme le pronostic demeure incertain, Martin s’est mis en mode action. «Je cherche d’autres ressources quelque part… Je demanderais ensuite au gouvernement pour les frais médicaux», s’enthousiasme-t-il.

Aux personnes handicapées, il suggère : «Soyez aussi accommodant que les employeurs le sont avec vous. Et osez!»

 

 

Chantal Taillon, collaboratrice à OnRouleAuQuébec.ca

Article publié dans le journal 24h, 24 octobre 2013.

Posted in: Réussir malgré un handicap

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3 Comments

  1. Sylvie Richard octobre 27, 2013

    Bravo Martin,

    Je suis handicapée de naissance et depuis avec les changements hormonaux. Mon systeme ne parvient plus à avoir suffisamment de capacités pour travailler. J’étais conseillère pédagogique et on a dû m’offrir la retraite. Je trouve ça, très difficile. Je vous souhaite bonne chance et de retarder le plus possible votre arrêt au travail.

    Je suis bien heureuse que des témoignages, tel le vôtre, fasse surface.

    Au plaisir !

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  2. Martin octobre 27, 2013

    Bonjour Sylvie,

    Merci beaucoup pour ton encouragement. Ca me touche beaucoup. C’est dommage ce qui t’arrive mais j’espere que tu ne t’empeche pas de foncer pour autant tout en respectant tes limites bien entendu. Ce que je veus dire c’est que je suis certain que plusieurs aurait bien besoin de ton experience en pedagogie alors pourquoi ne pas te rendre utile si c’est possible. Avec l’internet on est vraiment jamais seul. je te souhaite un bonne continuite et te souhaite de te trouver une passion qui pourrait combler ce vide de travail que tu ressens. Moi j’ai appris qu’il ne faut jamais lacher et surtout vivre son moment present et ne pas stresse car on ne sait jamais ce que demain nous apportera 🙂 Martin

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  3. Nicole Côté Bessette août 13, 2015

    Bonjour Martin,

    Tu te souviens peut-être de ton premier prof à l’école St-Urbain à Laval? Moi, je me souviens d’un garçon plus que déterminé!
    Ne lâche pas… L’avenir t’appartient!

    J’espère un jour pouvoir te rencontrer!
    Nicole

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